Je ne saurai pas dire comment j’en suis arrivée jusque-là. Je n’en ai aucune idée. Mais le pire, ce que j’ignore tout autant la façon dont je vais pouvoir m’en sortir. J’ai le sentiment d’être prisonnière de moi-même. Que le temps avance sans moi, que mon bonheur m’a échappé depuis trop longtemps et devient impossible à rattraper. Je n’ai plus le temps de lui courir après de toute façon. Je m’accroche à des espoirs, un en particulier : celui que tout tunnel a une fin. Le mien aussi. Forcément. La question la plus difficile étant :

Mais qu’y-a-t-il au bout de ce tunnel ? Un trou ? La lumière ? Encore pire ? Un autre tunnel ? Je n’en ai aucune idée. C’est peut-être pire, peut-être mieux, mais une chose est sûre, tôt ou tard j’y serai.

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Je me dis souvent que je n’ai qu’une vie, que personne ne va la vivre à ma place, que je ne dois la laisser à personne d’autre qu’à moi, qu’elle m’appartient et surtout qu’il m’appartient d’en faire ce que j’en veux. Et pourtant, rien ne se passe comme cela. Le plus dur c’est la pression sociale : savoir gérer ce que l’on attend de toi et ce que tu as vraiment envie de faire. Savoir gérer les liens affectifs, prendre soin de ne pas faire de la peine à ceux que tu aimes sans pour autant y sacrifier ton propre bonheur. J’ai sacrifié mon propre bonheur. Au nom de tout et de tous… et j’ai le sentiment qu’en retour personne n’a sacrifié son bonheur pour moi (à part ma maman, évidemment, mais ça c’est un tout autre sujet). Et je ne suis plus seule maintenant. J’ai à mon tour l’entière responsabilité du bonheur d’un être aussi adorable qu’innocent : mon fils. Toute sa vie future va dépendre de mes choix actuels. On se construit tous sur notre passé, notre vécu est c’est à moi aujourd’hui de construire le sien pour que lui se construise ensuite. Si je foire les bases, le résultat ne pourra être solide. Sacré pression. Que suis-je avant tout ? Une mère ou une femme ? Concilier les deux est un exercice qui requiert bien plus de difficulté que l’on ne peut jamais imaginer avant de le vivre. Et pourtant, c’est de cette mince frontière que tout part. Dois-je penser en tant que maman ou en tant que femme ? Les deux. Indéniablement. Souvent plus facilement (et probablement instinctivement) en tant que maman. Mais comment être une maman épanouie lorsque l’on ne l’est pas en tant que femme ? Comment réussir à apprendre à la chair de sa chair le bonheur lorsque l’on doute soit même de ce en quoi il consiste réellement ? Jusqu’où une mère peut se sacrifier pour ses enfants ? Je pense que la réponse à cette question est toute simple : l’amour maternel n’a tout simplement pas de limite. Son sourire, sa naïveté sont les cadeaux le plus précieux du monde. Ma corne d’abondance de bonheur. Ce qui me permet de tenir dans cette vie de femme qui devient floue… et qui semble souvent m’échapper.

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